girlLa rééducation visuelle ou orthoptique consiste à régler des problèmes visuels par le moyen d’exercices plutôt que de lunettes. Il s’agit en fait d’améliorer le contrôle musculaire des yeux et les yeux eux-mêmes pour corriger différents problèmes visuels (strabisme, amblyopie, insuffisance de convergence, faible flexibilité accommodative, et plusieurs autres). Examinons ci-après quelques problèmes visuels pour lesquels la rééducation visuelle s’avère le traitement de choix.

L’insuffisance de convergence

Emilie a 8 ans. Elle éprouve certaines difficultés à l’école. Il lui arrive de voir les mots bouger lorsqu’elle lit et parfois de voir en double. Lorsqu’elle fait ses devoirs elle a l’impression que ses yeux se fatiguent et elle ressent des maux de tête.

Lors de son examen visuel, son optométriste lui dit qu’elle a de bons yeux et qu’elle n’a pas besoin de lunettes, mais que les muscles de ses yeux sont un peu faibles pour converger (être à focus et alignés sur un objet rapproché).

L’insuffisance de convergence se traite au moyen d’exercices de rééducation visuelle. Ces exercices s’apparentent à de la physiothérapie pour les yeux. Il est possible d’entraîner les muscles oculaires au moyen d’un logiciel informatique amusant disponible au Centre Visuel de Montréal-Nord. D’autres instruments peuvent aussi être utilisés lors de la rééducation visuelle pour améliorer la convergence (vectogrammes, barre de prismes, prisme vertical, corde de Brock, etc). Les exercices visuels doivent être faits tous les jours pour une durée variable d’une personne à l’autre.

L’optométriste s’assure de faire un bon suivi du patient en rééducation visuelle jusqu’à ce que les muscles soient en parfaite forme ! Au terme du traitement de rééducation visuelle, Émilie va beaucoup mieux et ses résultats scolaires se sont même améliorés !

La flexibilité accommodative

Julien est étudiant en secondaire 3. Il réussit bien à l’école, mais a souvent les yeux fatigués à la fin de la journée.

Il voit bien de loin et de près, mais il est difficile pour lui d’ajuster son focus selon la distance à laquelle il regarde. Quand il lit pendant un certain temps et qu’il doit ensuite regarder le tableau au loin, il y a un délai d’environ 20 secondes avant que le tableau ne redevienne clair réellement. C’est ce qu’on appelle un problème de flexibilité accommodative.

Lorsqu’on regarde au près, les yeux doivent forcer (accommoder) pour faire le focus sur l’objet rapproché, alors que lorsqu’on regarde au loin, les yeux doivent relâcher l’accommodation (relaxer) pour rétablir un focus adapté à la distance observée. Ce mouvement d’effort et de relaxation en alternance requiert une certaine habileté et peut donc s’entrainer et s’améliorer.

Pour un jeune de l’âge de Julien, il est possible d’améliorer la flexibilité accommodative à l’aide d’exercices de rééducation visuelle utilisant entre autres des flips accommodatifs (lentilles qui stimulent et relâchent l’accommodation en alternance). L’optométriste peut alors superviser le programme d’entraînement.

Il est aussi possible d’avoir recours à une lunette de repos dans certains cas. A ce moment, c’est donc la lunette qui fera l’effort au lieu de la personne concernée. On élimine le symptôme, mais le problème reste entier.

Après l’âge de 40 ans, lorsque la presbytie s’installe progressivement, la capacité à focaliser en vision de près diminue cependant. Le recours aux lunettes de lecture ou aux foyers progressifs devient alors nécessaire en général.

Suivez nos prochaines chroniques pour en savoir davantage sur la rééducation visuelle et les problèmes qu’elle peut corriger.